Dans un monde où tous les modes, de pensées, d’échange ou encore de travail évoluent à une vitesse folle, l’adaptation est devenue une qualité voire une nécessité au quotidien. Télétravail, visioconférences, classes digitales… Les filières professionnelles et éducatives ont su s’adapter à de nouvelles méthodes de travail, notamment au cours des derniers mois et années. 

Et si, dans cet élan de changements, les bases de l’enseignement étaient également revues au goût du jour ? Pourquoi ne pas profiter de cette mouvance pour régler définitivement des lacunes persistantes ? 

Tous les professeurs, quelle que soit leur matière, sont confrontés à la même problématique : réussir à garder leurs élèves concentrés jusqu’à la fin du cours. Un cours bien souvent long et théorique. L’heure suivante, c’est la même chose. L’élève doit constamment puiser dans ses souvenirs, parfois lointains ou biaisés, pour raccrocher les wagons. Cet exercice de mémoire n’étant pas toujours facile à faire, la fluidité du cours en pâtit. La concentration des élèves, elle, n’en est que plus fragilisée. 

Alors comment réussir à impliquer les apprenants dans un cours ? 

L’une des méthodes possibles réside en la préparation du cours en amont, non seulement par l’enseignant, mais aussi par les élèves. C’est le principe de la classe inversée, aussi appelée pédagogie ou école inversées. 

La classe inversée : qu’est-ce que c’est ?

Le site Classe Inversée donne la définition suivante de classe inversée : « un fonctionnement où les élèves reçoivent des cours sous forme de ressources en ligne (en général des vidéos) qu’ils vont pouvoir regarder chez eux à la place des devoirs, et ce qui était auparavant fait à la maison est désormais fait en classe, d’où l’idée de classe “inversée”. »

L’idée est de déléguer une partie de l’apprentissage en autonomie auprès de l’élève, à la maison, pour que le moment de classe soit un moment de partage, de débat, d’ateliers, de projets de groupe… Et non plus de simples cours académiques, où l’instituteur enseigne et où l’élève écoute et prend des notes.

La classe inversée est une approche, ou philosophie, qui modernise donc les méthodes d’enseignements dispensées jusqu’alors. En effet, l’élève devient en quelque sorte maître du cours inversé, ou professeur à son tour. 

Avec la méthode de classe inversée, l’élève se familiarise avec son cours grâce aux ressources en ligne qui lui sont envoyées. 

Une méthode de travail à part entière

Les bienfaits de la classe inversée seraient nombreux et permettraient de rebâtir le lien enseignant – élève sur un modèle d’enseignement inversé plus scandinave, où le partage bilatéral est primordial en classe. La concentration des élèves serait, elle aussi, favorisée par ce mode de travail.

Certains professeurs font ainsi de la classe inversée leur méthode de travail à part entière chaque année. Dans un lycée de Val d’Oise, on retrouve un exemple de classe inversée, où l’une des professeurs a choisi cette méthode pour « laisser [ses élèves] en autonomie, les laisser construire une leçon afin qu’[…]ils comprennent comment ça fonctionne et comment on cherche les informations. »

Les élèves parlent, eux, de motivation accrue, de concentration simplifiée ou encore d’apprentissage actif. 

Actif, c’est le mot. La classe inversée s’apparente à la pédagogie active. Selon cette pédagogie et d’après la taxonomie de Bloom, l’enseignement extérieur à la classe (les devoirs à la maison, par exemple) se lie aux niveaux inférieurs de l’apprentissage (compréhension, connaissance), là où l’enseignement dispensé au sein du cours favorise les niveaux supérieurs de l’apprentissage, tels que l’esprit d’analyse et de synthèse. Ce moment en classe serait donc primordial, plus seulement pour entendre réciter un cours, mais pour le mettre en pratique et se l’approprier en profondeur. 

 

La taxonomie de Benjamin Bloom.

 

La classe inversée en 5 étapes

La classe inversée vous a convaincu et vous souhaitez la mettre en place. Par où commencer ?

  1. Cernez les besoins de vos élèves : Avant de mettre en place une classe inversée, il s’agit d’analyser en quoi cette dernière sera bénéfique pour vos élèves. Posez-vous et posez-leur les questions suivantes : quelles sont leurs difficultés jusqu’à présent ? Au contraire, quels sont les points forts de votre classe ? De quoi vos apprenants ont-ils besoin et envie ?
  2. Établissez votre pédagogie active : Une fois que vous aurez sondé et compris les besoins de votre classe, vous pourrez les allier à votre vision de la pédagogie et à vos propres envies. La première question à se poser est la suivante : « Une fois que mes élèves se seront familiarisés avec leur cours à la maison, que pourrai-je leur proposer en classe pour qu’ils se l’approprient au mieux ? ». Conversations, questions, débats, projets de groupes, intervenants… Les possibilités sont nombreuses.
  3. Équipez-vous d’outils innovants : Afin de conduire votre cours actif de la meilleure des façons, l’idéal est d’être équipé de produits innovants. Enceintes Bluetooth, tablettes numériques, ou encore écrans interactifs pourront soutenir vos cours et accroître la motivation des élèves. Les écrans numériques interactifs (ENI) vous offrent notamment une multitude d’alternatives pour partager vos leçons et faire participer vos élèves.
  4. Sélectionnez vos ressources en ligne : Si le temps en classe est un temps primordial, la préparation à la maison est toute aussi importante pour un cours inversé. Vos élèves auront besoin d’accéder à un support particulier pour se familiariser avec le contenu de vos cours. Là aussi, libre à vous de choisir quelles ressources vous souhaitez mettre à leur disposition. Films, jeux en ligne, textes, ou créer vos capsules vidéo pour votre classe inversée… Vous pouvez choisir un support de prédilection ou au contraire varier vos ressources au fil des différentes leçons.
  5. Définissez le « passe-droit » de vos élèves : Laisser ses élèves travailler leurs leçons chez eux est bénéfique, mais demande aussi une certaine confiance. L’enseignant qui opte pour cette méthode s’expose également au risque que son étudiant ne travaille pas le cours chez soi et rende ainsi ce système de travail contre-productif. Alors comment s’assurer que les apprenants préparent bien leur travail en amont ? En mettant en place, pendant la première partie du cours, une session de partage des connaissances. Sous forme de jeux par exemple : quizz, devinettes… Mais également d’exposé participatif ou encore d’illustration. À vous de choisir !

 

La classe inversée implique l’assimilation des connaissances par la mise en pratique en classe.

Avantages et inconvénients de la classe inversée

Si la classe inversée présente de nombreux avantages, elle dispose aussi de quelques inconvénients. Nous les avons listés pour vous.

Les avantages

Autonomie et responsabilité : La confiance accordée aux élèves concernant la préparation du cours en amont leur fait gagner en autonomie et en responsabilité. À terme, cette liberté les professionnalise aussi. 

Partage : Un temps de classe libéré de leçons théoriques devient un temps précieux qui laisse place à bien plus de partage entre les enseignants et les apprenants. Ces heures passées ensemble deviennent l’occasion de discuter, échanger, débattre ou mettre en pratique les connaissances assimilées à la maison. 

Gain de temps : Dans la même idée, les professeurs profitent d’un gain de temps non négligeable. Le temps passé jusque-là en cours à présenter la leçon laisse la place à autre chose. Cela permet d’avancer plus vite dans le programme académique. 

Motivation et concentration : La classe inversée est souvent vectrice de motivation. Ne pas avoir à écouter un cours assis sur sa chaise en silence pendant des heures, mais au contraire pouvoir vivre ce cours pleinement, peut s’avérer libérateur. Animés par des projets de groupes ou des exercices interactifs, les élèves voient souvent leur concentration et leur motivation augmenter. 

Suivi et personnalisation : La collaboration devient l’un des maîtres-mots de cette nouvelle méthode de travail. Si un élève rencontre des difficultés en apprenant sa leçon, il aura le temps de les résoudre au sein du cours. Le professeur passe d’une figure d’autorité à une figure de tuteur, capable d’adapter ses cours en fonction de chacun de ses élèves. 

Les inconvénients

Autodiscipline : Un élève livré à lui-même dans l’acquisition de nouvelles connaissances peut parfois manquer de discipline. Selon les personnalités, voire selon les préférences d’apprentissage, certains apprenants auront plus de mal à acquérir des connaissances en autonomie. 

Risque enseignant : Malgré ce que l’on pourrait penser a priori, le risque peut parfois émaner de l’enseignant lui-même. Le fait de ne plus « avoir à » délivrer son cours face à ses élèves peut parfois le laisser se reposer sur ses acquis, au point de ne plus préparer son cours lui-même comme il se doit. 

Dépendance technologique : Les ressources en ligne restent le principal support de la classe inversée. Elles nécessitent donc un outil à la maison afin d’y accéder (ordinateur, tablette) ainsi que d’une connexion Internet stable. Ce qui n’est pas toujours le cas selon les foyers. 

Pour en savoir plus sur l’enseignement inversé et les outils de classe inversée proposés par Promethean, n’hésitez pas à nous demander une démonstration dès aujourd’hui. 

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